Escalade commerciale : Donald Trump menace le Canada de droits de douane de 100 %

 


Le président américain Donald Trump a lancé samedi un avertissement sévère à Ottawa, promettant des barrières tarifaires totales si le Canada concrétise son rapprochement commercial avec Pékin.

 Cette déclaration fait suite à la visite historique du Premier ministre Mark Carney en Chine, visant à diversifier les exportations canadiennes face au protectionnisme de la Maison-Blanche.

La relation bilatérale entre les États-Unis et le Canada traverse une zone de fortes turbulences. Samedi 24 janvier 2026, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de « 100 % » sur l’ensemble des produits canadiens franchissant la frontière. 


Le président américain réagit avec virulence à la récente signature d’accords commerciaux entre Ottawa et Pékin, y voyant une trahison économique et une faille dans la sécurité nationale des États-Unis.

Le pivot canadien vers l'Asie.

Le Premier ministre canadien, Mark Carney, s'est rendu en Chine la semaine dernière pour une mission diplomatique de premier plan. 


Ce déplacement, le premier d'un chef de gouvernement canadien à Pékin depuis huit ans, a abouti à un accord préliminaire visant à réduire les tarifs douaniers sur les exportations agricoles canadiennes (notamment le canola) en échange d'un assouplissement des restrictions sur les véhicules électriques chinois.


Pour Ottawa, ce rapprochement est une nécessité stratégique. 

Avec près de 75 % de ses exportations destinées au marché américain, le Canada cherche à réduire sa dépendance vitale envers son voisin du Sud, devenu imprévisible sous l'administration Trump. 


Mark Carney a défendu cette approche à Davos, prônant une autonomie accrue pour les « puissances moyennes » face aux hégémonies mondiales.

La colère de la Maison-Blanche.

Donald Trump n’a pas tardé à répliquer sur son réseau Truth Social, ciblant personnellement Mark Carney qu'il a ironiquement qualifié de « gouverneur » une allusion directe à son passé de banquier central et à l'idée, chère à Trump, que le Canada devrait être traité comme un État américain.

« Si le gouverneur Carney pense qu'il va faire du Canada un "port de dépôt" pour que la Chine envoie ses biens et produits aux États-Unis, il se trompe lourdement », a martelé le président américain.

Trump craint que le Canada ne serve de « porte dérobée » permettant aux produits chinois d’échapper aux barrières tarifaires américaines. 


Selon lui, sans la protection de Washington, « la Chine va dévorer le Canada tout cru », détruisant son tissu social et ses entreprises.

[Image de la structure de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM)]

Des enjeux économiques colossaux.

La mise en exécution d'une telle menace serait dévastatrice pour les deux économies. 

Près de 3,6 milliards de dollars canadiens de biens et services traversent la frontière chaque jour. 


Le Canada est non seulement le premier client de 36 États américains, mais il fournit également 60 % des importations de pétrole brut et 85 % de l'électricité importée par les États-Unis.


Alors que la révision de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) est prévue pour juillet 2026, cette sortie de Donald Trump place Mark Carney devant un choix cornélien : poursuivre sa stratégie de diversification au risque de déclencher une guerre commerciale totale avec son premier partenaire, ou céder aux exigences de Washington. 


Pour l'heure, Ottawa tente de calmer le jeu, affirmant qu'aucun accord de libre-échange global avec la Chine n'est encore signé, mais la tension reste à son comble.



Post a Comment

أحدث أقدم