Cœur bleu : Samuel Suffren signe un court-métrage haïtien acclamé à Sundance et Cannes.

 


Un film haïtien engagé sur le rêve américain, l’attente et la résilience


Avec son court-métrage Cœur bleu, le réalisateur et producteur haïtien Samuel Suffren poursuit sa trilogie inspirée de l’histoire de son père. 

Présenté à la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes 2025 et au Sundance Film Festival 2026, ce film de 15 minutes explore avec intensité les effets de l’émigration sur ceux qui restent au pays et souligne la puissance du cinéma haïtien contemporain.

Le cinéma haïtien gagne en visibilité sur la scène internationale grâce à des œuvres qui allient intimité narrative, pertinence sociale et innovation artistique. 

Cœur bleu, troisième volet de la trilogie de Samuel Suffren, s’inscrit dans cette dynamique, en poursuivant le dialogue entre mémoire familiale et enjeux contemporains. 

Après Agwe, sélectionné au Festival de Locarno et récompensé au FESPACO, et Des rêves en bateaux papiers, présenté à Sundance, Cœur bleu confirme le rayonnement mondial d’un réalisateur engagé qui questionne l’exil, le rêve américain et la condition humaine en Haïti.

Synopsis : un récit profondément humain

Le court-métrage met en scène Marianne et Pétion, un couple vivant modestement au Cap-Haïtien. Marianne, artisan couturière, et Pétion, son mari qui s’occupe de leur chèvre, subissent le poids de l’absence de leur fils parti aux États-Unis. 

Au fil du temps, chaque appel manqué, chaque silence renforce l’incertitude et l’inquiétude, tandis que le rêve américain se transforme en une illusion fragile, soulignant les sacrifices et les espoirs déçus des familles haïtiennes.

Selon Samuel Suffren :

« Ce film explore la question du rêve américain en Haïti. Je me concentre sur ceux qui restent au pays, attendant des nouvelles de leurs proches un mari, un fils, une mère partis sur des bateaux de fortune vers les États-Unis. »


Cette approche narrative confère au film une dimension universelle, tout en restant profondément enracinée dans la réalité haïtienne.

Une réalisation et une esthétique maîtrisées

Samuel Suffren assure la réalisation, la photographie, le montage et le scénario, créant ainsi une cohérence artistique et une identité visuelle singulière.

 Les décors sont confiés à Baptiste James et Leonica Pierre Maintus, tandis que la musique de Tamara Suffren et le son de Pablo Dali Bonnely et Roodie Rigaud Marcelin renforcent la dimension émotionnelle du film.

Le casting, composé de Marie Diana (Marianne), Arnold Joseph (Pétion) et Samuel Suffren (Samuel), restitue avec subtilité la tension émotionnelle du récit. 

Chaque plan, chaque silence, chaque geste participe à une esthétique cinématographique réaliste et immersive, propre au cinéma indépendant.

Une reconnaissance internationale et un parcours remarquable

Cœur bleu a été sélectionné dans la compétition officielle des courts-métrages au Sundance Film Festival 2026, l’un des festivals les plus influents du cinéma indépendant mondial.

 Il s’inscrit également dans la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes 2025, consolidant la place de Samuel Suffren comme figure majeure du cinéma haïtien contemporain.

Cette reconnaissance internationale s’ajoute au parcours de sa trilogie :

  • Agwe : sélectionné à Locarno et prix du meilleur film de la diaspora au FESPACO.
  • Des rêves en bateaux papiers : sélection officielle à Sundance.
  • Cœur bleu : troisième volet, explorant le thème de l’attente et de l’exil.

Samuel Suffren développe actuellement son premier long métrage documentaire, Lòtbò, ainsi qu’un long métrage de fiction, Je m’appelle Nina Shakira, confirmant sa volonté de renforcer la présence du cinéma haïtien sur la scène internationale.

Cœur bleu est bien plus qu’un court-métrage haïtien : c’est un témoignage sensible et universel sur l’attente, l’exil et la résilience des familles haïtiennes. Samuel Suffren, à travers sa trilogie, révèle un cinéma capable de marier engagement social, esthétique soignée et portée universelle. Ce film illustre parfaitement le potentiel du cinéma indépendant haïtien et son rôle essentiel dans la représentation des réalités contemporaines à travers le monde.


Pour les amateurs de cinéma international, de courts-métrages engagés et de créations artistiques audacieuses, Cœur bleu demeure une œuvre incontournable, qui continue de faire rayonner Haïti sur la scène cinématographique mondiale.


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