SEPEX 2026 - Symposium Économique de la Péninsule Sud à Jacmel, journée infrastructures et énergie

SEPEX 2026 — Jour 1 du symposium à Jacmel, consacré aux infrastructures, à l'énergie et aux investissements territoriaux.

Jacmel — Samedi 25 juillet 2026. Après un cocktail de bienvenue organisé la veille à l'Hôtel Cap Lamandou, le Forum Économique de la Péninsule Sud (FEPS) a officiellement lancé les travaux du Symposium Économique & Peninsula Expo (SEPEX 2026). Jusqu'au 28 juillet, décideurs publics, chefs d'entreprise, investisseurs institutionnels, représentants de la société civile, acteurs de la diaspora haïtienne et experts en développement économique territorial se réunissent à Jacmel pour élaborer une feuille de route d'investissement durable pour la Péninsule Sud d'Haïti, dans un contexte macroéconomique national marqué par une septième année consécutive de récession et par une crise sécuritaire persistante.

Jour 1 du SEPEX 2026 : infrastructures, connectivité territoriale et transition énergétique

La première journée de travail du symposium, ce samedi 25 juillet, s'est articulée autour du thème « Infrastructures & Connectivité territoriale et Investissements ». Le programme scientifique et technique a réuni une série de conférences-débats et de panels d'experts consacrés à la transition énergétique en Haïti, aux solutions techniques d'électrification rurale et périurbaine, aux mécanismes de financement et de mobilisation des capitaux de la diaspora, à la gouvernance économique territoriale portée par les chambres de commerce, ainsi qu'aux perspectives de développement socio-économique et d'aménagement du territoire propres au département du Sud-Est.

Parmi les intervenants experts annoncés figuraient l'économiste Kesner Pharel, référence en analyse macroéconomique et financière en Haïti, le directeur général de l'Autorité Nationale de Régulation du Secteur de l'Énergie (ANARSE) Jean-M. Evenson Calixte, le président de l'Institut Haïtien de l'Énergie René Jean Jumeau, la présidente de Port International du Sud S.A. Ann Hauge, ainsi que Frantz Large. La présence du président de la Fédération Nationale des Maires d'Haïti (FENAMH), M. Denoil Antenor, a souligné l'ancrage institutionnel et territorial de la démarche, portée conjointement par les élus locaux, les chercheurs et les experts sectoriels du secteur énergétique et des infrastructures portuaires.

Le symposium a également mis en avant le potentiel touristique et immobilier du Sud-Est, avec la présentation de plusieurs projets structurants d'aménagement du territoire et de planification urbaine côtière : un ensemble résidentiel planifié en bord de mer à Jacmel et le projet « Belle Rive », suivis d'une séance de questions-réponses avec l'auditoire.

Panel d'experts sur la transition énergétique et les infrastructures lors du SEPEX 2026 à Jacmel

Panel d'experts sur la transition énergétique et les infrastructures territoriales, SEPEX 2026, Jacmel.

Le déficit énergétique haïtien : un enjeu scientifique, climatique et structurel pour la Péninsule Sud

Le choix de placer la transition énergétique, l'électrification rurale et la résilience des infrastructures critiques au cœur de cette première journée répond à un constat statistique documenté par la recherche en économie de l'énergie. Selon les données de la Banque mondiale, le taux d'accès à l'électricité en Haïti plafonne autour de 50 % de la population un indicateur socio-économique qui masque de fortes disparités géographiques entre l'aire métropolitaine de Port-au-Prince et les départements périphériques comme le Sud-Est, la Grand'Anse ou le Sud, où le taux d'électrification rurale demeure structurellement plus bas. Sur le plan technique, le mix énergétique national reste dominé à plus de 80 % par les combustibles fossiles importés, une dépendance qui expose le système électrique haïtien à la volatilité des cours internationaux du pétrole, à des coûts marginaux de production élevés et à une empreinte carbone disproportionnée au regard du potentiel national en énergies renouvelables (solaire photovoltaïque, hydroélectricité, biomasse, potentiel éolien côtier).

Cette problématique s'inscrit dans un cadre scientifique plus large : les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) consacrés aux sources d'énergie renouvelable et à l'atténuation du changement climatique soulignent que la diversification du mix énergétique et le développement de systèmes décentralisés mini-réseaux et micro-réseaux solaires avec stockage par batteries constituent des leviers déterminants pour concilier sécurité énergétique, atténuation des émissions de gaz à effet de serre et adaptation aux aléas climatiques dans les petits États insulaires en développement (PEID) et les territoires côtiers vulnérables comme la Péninsule Sud d'Haïti. La littérature scientifique consacrée à la résilience des réseaux électriques rappelle également que les infrastructures de transport et de distribution d'électricité sont elles-mêmes sensibles aux aléas climatiques extrêmes cyclones, inondations, ondes de tempête, érosion côtière dont la fréquence et l'intensité s'accroissent avec le réchauffement climatique, ce qui renforce l'intérêt stratégique des solutions énergétiques décentralisées, résilientes et bas-carbone pour une région régulièrement exposée aux risques hydrométéorologiques.

C'est dans cette perspective de recherche appliquée à l'ingénierie énergétique et à l'aménagement du territoire que la présence de l'ANARSE et de l'Institut Haïtien de l'Énergie au SEPEX 2026 prend tout son sens scientifique et opérationnel. En janvier 2026, un contrat a précisément été signé à Jacmel pour la conception, la fourniture et l'installation d'une centrale solaire photovoltaïque avec système de stockage par batteries, dans le cadre du programme « Énergies renouvelables pour tous en Haïti » (SREP). Ce projet d'infrastructure énergétique décentralisée, piloté par l'ANARSE, vise à renforcer la résilience du réseau électrique du département du Sud-Est et à réduire structurellement le recours à la production thermique, avec un impact direct attendu sur le coût du kilowattheure, sur la sécurité d'approvisionnement énergétique et sur la dépendance aux carburants fossiles importés. Sa mention au symposium illustre la manière dont les discussions de Jacmel s'articulent avec des projets d'infrastructure énergétique durable déjà engagés sur le terrain, et non avec de simples déclarations d'intention.

Diaspora, transferts de fonds et résilience macroéconomique : les données clés de l'investissement territorial

Les échanges consacrés aux opportunités d'investissement pour la diaspora s'inscrivent eux aussi dans un contexte macroéconomique et statistique précis, essentiel pour comprendre les enjeux de financement du développement en Haïti. D'après la Banque mondiale, le Produit Intérieur Brut (PIB) réel d'Haïti a reculé de 2,7 % en 2025, dans un climat d'intensification de la violence des gangs armés, marquant une septième année consécutive de contraction économique et de recul de la croissance. L'inflation annuelle moyenne a atteint 28,3 %, contre 25,8 % en 2024, pesant de manière disproportionnée sur le pouvoir d'achat des ménages les plus vulnérables, tandis que près de la moitié de la population haïtienne vivrait aujourd'hui sous le seuil de pauvreté international de 3 dollars américains par jour en parité de pouvoir d'achat.

Dans ce contexte de fragilité structurelle de l'économie nationale, les transferts de fonds de la diaspora haïtienne se sont imposés comme le principal mécanisme de résilience et d'amortissement macroéconomique du pays : selon la Banque de la République d'Haïti (BRH), ces flux financiers ont atteint environ 5 milliards de dollars américains en 2025, en hausse d'environ 20 % par rapport à l'année précédente, contribuant directement à la stabilité des réserves de change et au financement indirect de la consommation des ménages. C'est précisément ce capital financier de la diaspora, jusqu'ici concentré sur le soutien familial direct et la consommation courante, que le FEPS entend réorienter progressivement vers l'investissement productif et structurant entreprises locales, infrastructures territoriales, tourisme durable, agro-industrie et innovation technologique — dans l'ensemble des communes de la Péninsule Sud.

Participants et intervenants au Symposium Économique de la Péninsule Sud, SEPEX 2026, Jacmel

Participants et intervenants réunis à Jacmel autour des enjeux de développement territorial de la Péninsule Sud.

Compétitivité territoriale et économie des clusters : le cadre théorique de la relance régionale

La démarche portée par le FEPS s'inscrit également dans un corpus théorique bien documenté en économie territoriale et en géographie économique. Depuis les travaux fondateurs de l'économiste britannique Alfred Marshall sur les districts industriels à la fin du XIXe siècle, jusqu'aux analyses contemporaines de Michael Porter sur l'avantage concurrentiel des nations et des régions, la littérature scientifique montre que la compétitivité économique d'un territoire repose largement sur la densité des relations entre acteurs locaux entreprises, collectivités territoriales, universités, centres de recherche et société civile plutôt que sur les seules ressources internes de chaque organisation prise isolément.

Ce modèle de gouvernance territoriale tripartite, associant secteur privé, pouvoir public et monde académique, est précisément celui que le SEPEX 2026 cherche à activer à l'échelle de la Péninsule Sud, en réunissant municipalités, chambres de commerce, universités régionales et opérateurs économiques autour d'une même plateforme de dialogue. Les politiques de mise en réseau et de clustering, largement étudiées comme outils de développement économique local et de redéveloppement territorial, visent à créer des écosystèmes coopératifs capables de renforcer la compétitivité hors-prix des petites et moyennes entreprises (PME), notamment face aux grandes transitions contemporaines transition énergétique, transition numérique et transition démographique qui touchent également les économies insulaires et périphériques comme celle d'Haïti.

Jour 2 du SEPEX 2026 : politiques publiques, gouvernance territoriale et décentralisation

La deuxième journée du symposium, ce dimanche 26 juillet, sera consacrée au thème « Politiques publiques & Développement territorial et Investissements ». Les intervenants experts annoncés pour cette séquence comprennent Mme Sharina Lochard, le président de la FENAMH M. Denoil Antenor, M. Éric Balthazar, Mme Denise Poulard, Mme Jessie C. Petit-Frère, l'Ambassadeur Madsen Chérubin, M. Chesnel Jean, l'économiste Kesner Pharel, ainsi que M. Almiracle Saint-Fort. Cette diversité de profils institutionnels, élus locaux, diplomates, cadres de l'administration publique et experts en analyse économique reflète la volonté du FEPS d'articuler la planification territoriale, la gouvernance locale et la décentralisation administrative avec les grands équilibres macroéconomiques et budgétaires nationaux.

Le SEPEX 2026, plateforme durable de développement économique territorial en Haïti

Au-delà du programme scientifique et technique de cette édition 2026, le SEPEX se positionne comme une plateforme pérenne de réflexion stratégique, de réseautage professionnel et de mobilisation des investissements, destinée à accélérer le développement économique durable, la résilience territoriale et la transition énergétique de la Péninsule Sud d'Haïti, tout en consolidant les liens entre acteurs économiques locaux et diaspora haïtienne. Dans un contexte national où les grands équilibres macroéconomiques restent fragiles et où la crise sécuritaire continue de peser sur la croissance, l'initiative portée par le FEPS mise sur l'échelle territoriale, municipalités, chambres de commerce, universités régionales, société civile et opérateurs du secteur énergétique comme point d'appui concret pour transformer les discussions de Jacmel en projets d'investissement structurants et en infrastructures durables pour les années à venir.


Sources et références :

Article rédigé à partir des informations communiquées sur le programme du SEPEX 2026 et de données publiques de la Banque mondiale, de la Banque de la République d'Haïti (BRH), de l'Autorité Nationale de Régulation du Secteur de l'Énergie (ANARSE), du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et de la littérature scientifique en économie territoriale.

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