Massacre de Kenscoff (23-24 août 2026) : au moins 47 morts. Le RPPD exige justice, une enquête et une stratégie nationale de sécurité pour Haïti
Jacmel/Port-au-Prince, 26 août 2026. Le Rassemblement des Patriotes Progressistes pour le Développement (RPPD) a publié une note d'indignation à la suite du massacre perpétré à Kenscoff dans la nuit du 23 au 24 août 2026, réclamant que l'État « reprenne le contrôle du territoire » et que les auteurs de cette tuerie soient traduits en justice.
Un bilan qui continue de s'alourdir
Selon les Nations Unies, au moins 47 personnes ont été tuées et 22 autres blessées lors de cette attaque, tandis que plusieurs dizaines d'habitants auraient été enlevés[1]. Une partie des victimes s'étaient réfugiées dans une église au moment de l'assaut. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a indiqué que 22 des personnes tuées avaient été exécutées à l'intérieur de l'enceinte de cet édifice religieux, et qu'au moins cinq enfants figuraient parmi les morts[2]. Le maire de Kenscoff, Jean Massillon, a par ailleurs fait état de l'incendie d'une vingtaine d'habitations et de la mort de deux employés municipaux, dont l'un de ses proches[3].
L'attaque, attribuée à la coalition criminelle Viv Ansanm, s'inscrit dans une longue série de violences qui frappent cette commune des hauteurs de Port-au-Prince depuis plus d'un an[4]. Amnesty International a condamné ce nouveau massacre, rappelant les précédentes tueries de Cité Soleil, Labodri et Petite-Rivière de l'Artibonite, et a appelé les autorités haïtiennes ainsi que la communauté internationale à intensifier leurs efforts de protection des populations[5].
Le bureau du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a de son côté présenté ses condoléances aux familles des victimes, annoncé la mise en alerte maximale des forces de sécurité et le déploiement de renforts sur l'ensemble du territoire de Kenscoff pour y rétablir l'autorité de l'État[6]. Ce nouveau massacre intervient par ailleurs alors que la dégradation de la situation sécuritaire dans la région de Port au Prince soulève des interrogations sur la tenue du premier tour des élections présidentielle et législatives, ainsi que du référendum constitutionnel, prévu le 13 décembre 2026[7]. Plusieurs structures politiques ont déjà alerté le Conseil électoral provisoire sur les difficultés que pose ce climat d'insécurité pour l'organisation du scrutin[8].
La réaction du RPPD
Dans sa note, le RPPD condamne « avec la plus grande fermeté » cette nouvelle manifestation de violence armée et dénonce l'incapacité persistante des institutions à assurer leur mission première de protection des citoyens. Le parti insiste sur le fait que la sécurité constitue un droit fondamental et une obligation régalienne de l'État, et non une faveur réservée à certaines catégories de la population.
Le RPPD demande que toute la lumière soit faite sur les circonstances du massacre, que les responsabilités soient établies et que les auteurs comme les commanditaires soient poursuivis. Le parti met en garde contre l'impunité, qu'il juge être un facteur alimentant la persistance de la violence armée dans le pays.
Au delà de ce dossier précis, l'organisation appelle les autorités à sortir d'une gestion réactive de la crise sécuritaire pour élaborer une stratégie nationale permettant de démanteler durablement les réseaux criminels et de restaurer l'autorité de l'État dans les zones actuellement sous contrôle des groupes armés.
« Il ne suffit plus de déplorer les morts après chaque tragédie », affirme le RPPD, qui appelle à une mobilisation nationale autour de la sécurité, de la justice et de la dignité humaine.
Le parti conclut sa note en exprimant sa solidarité avec les familles des victimes et avec l'ensemble de la population de Kenscoff.
Sources et références
- Amnesty International, « Haiti: Justice and protection urgently needed following deadly armed gang attack in Kenscoff », 26 août 2026.
- HaitiLibre, « New massacre in Kenskoff, at least 60 victims », 25 août 2026.
- Al Jazeera, « Violence flares in Haiti as gang attack kills 30 people », 24 août 2026.
- Breitbart, « Haiti: Violent Gangs Massacre over 40 Inside Church in 'Night of Terror' », 25 août 2026.
- NPR, « More than 50 kidnapped as violent gang attack in Haiti leaves 47 dead », 26 août 2026.
- VantBèfInfo, « Kenscoff : le bilan du nouveau massacre grimpe à 47 morts », 24 août 2026.
Note de rédaction : cet article s'appuie sur la note officielle du RPPD ainsi que sur les sources citées ci-dessus (ONU/BINUH, Amnesty International, presse internationale et haïtienne).
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