Colloque Justice & Gouvernance à Jacmel les 27-28 août 2026 : 6 experts du droit haïtien débattent de l'accès à la justice. Par Justicia Omnibus.
Justice et gouvernance à Jacmel : Justicia Omnibus fait du droit un débat citoyen
Les 27 et 28 août 2026, le cabinet Justicia Omnibus Law Firm réunit six figures majeures du monde juridique haïtien aux Entreprises Souvenir, sur la route de Breman, à Jacmel, pour un colloque consacré à l'accès à la justice. Une initiative qui entend transformer la réflexion juridique en propositions concrètes de réforme.
À l'heure où le système judiciaire haïtien traverse une crise de confiance profonde, le cabinet Justicia Omnibus Law Firm inscrit son colloque « Justice & Gouvernance » dans une démarche à la fois pédagogique et prospective. Cette rencontre de deux jours constitue la quatrième activité d'envergure organisée par le cabinet autour des grandes thématiques juridiques, confirmant un engagement soutenu en faveur de la culture juridique dans le Sud-Est.
« Dans le cadre de nos activités, nous avons organisé plusieurs rencontres consacrées à des thématiques juridiques majeures », rappelle Me Girono Féguens Jean Batta, responsable du cabinet. Il cite notamment une conférence-débat sur la paternité responsable, le cycle « Penser le droit autrement à Jacmel » — articulé autour des rapports entre sciences criminelles, analyse juridique et défis de la bonne gouvernance — ainsi qu'un forum consacré à la cybercriminalité et au droit médical.
Le colloque se structure autour de six axes qui balaient l'ensemble de la problématique de l'accès à la justice. Le premier, confié à Me Jean Fritz Patterson Dorval, avocat et ancien juge de paix au Tribunal de Léogâne, examine le cadre normatif et institutionnel de l'accès à la justice en Haïti. Le deuxième axe, porté par Jean Frantz Théodat, ex-directeur général de la DGI et ancien maire de Tabarre, analyse les déterminants socio-économiques de cet accès. Me Verly Sylvestre, avocat au Barreau de Port-au-Prince et coordonnateur général de Debout Contre la Corruption, interroge quant à lui le dysfonctionnement du système judiciaire et la crise de confiance qui en découle.
La question du genre occupe le quatrième axe, animé par Fabienne Bien-Aimé, magistrate diplômée de l'École de la Magistrature et ancienne juge d'instruction au TPI de la Croix-des-Bouquets, autour de la violence basée sur le genre et de l'accès différencié à la justice. Le rôle des acteurs non étatiques est traité par Me Bernard H. Gousse, docteur en droit privé, doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l'Université Quisqueya et ancien ministre de la Justice. Enfin, Me Jean Joseph Exumé, lui aussi ancien ministre de la Justice, clôt le programme sur les perspectives de réformes et l'innovation pour une justice accessible.
Cette architecture n'est pas fortuite. Elle traduit une conviction que le responsable exprime sans détour : « Le droit ne se limite pas aux cabinets d'avocats ou aux salles d'audience des tribunaux. Le droit se construit également dans l'espace public, dans les échanges avec la société et dans les débats qui concernent directement les citoyens. » En rendant l'événement accessible aux étudiants (2 500 gourdes) comme aux professionnels et avocats (5 000 gourdes), le cabinet affirme sa vocation de formation continue au service des jeunes juristes et des élèves-avocats.
Mais Me Jean Batta refuse de cantonner la démarche à la seule transmission du savoir. « Nous croyons profondément que la formation constitue l'un des moyens essentiels pour améliorer la pratique du droit », affirme-t-il, avant d'ajouter qu'« il est nécessaire de continuer à investir dans la formation, dans la réflexion et dans la production intellectuelle autour des questions juridiques ». La formation devient alors le socle d'une exigence plus haute : celle de la proposition. « La justice doit être indépendante, efficace et accessible. Lorsqu'il existe des difficultés dans le fonctionnement de la justice, notre responsabilité, en tant qu'acteurs et observateurs du monde juridique, est aussi de réfléchir à des solutions et de proposer des pistes de réforme. »
Cette ambition trouvera un prolongement tangible. À l'issue du colloque, le cabinet projette de produire un ouvrage collectif rassemblant les principales contributions des intervenants, une synthèse des débats et différentes perspectives de réforme. Conçu comme un document de référence, il permettra de conserver une trace des réflexions et de les prolonger au-delà de l'événement. « Dans l'état actuel du pays, nous ne devons pas seulement constater les problèmes ; nous devons également formuler des propositions », insiste le responsable.
En transformant deux journées de débats en un chantier intellectuel durable, Justicia Omnibus Law Firm entend faire de « Justice & Gouvernance » bien plus qu'un rendez-vous ponctuel. C'est le point de départ assumé d'une réflexion continue sur le droit, la gouvernance et les réformes nécessaires à un système judiciaire haïtien plus indépendant, plus efficace et, surtout, plus accessible à tous.
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